et oui, l arrivee a la grande ville de coyhaique (rien qu en regardant le plan de la ville on hallucinait de tout ce qu il pouvait y avoir !) marque la fin d une
etape, celle de la patagonie sud ... pour resumer, ca ete dur, mais qu est ce que c etait bien !
quelques impressions donc que nous voulions vous faire partager ...
- le pire du pire : l etat de la piste. au final, apres avoir tout eu, c est vraiment le truc qui nous a le plus epuises. meme les cotes impedalables, si c est une bonne ou une mauvaise piste
(jvous parle meme pas du goudron) ca change tout ! idem pour le vent ... en plus on a la chance d etre deux : on peut alterner, celui qui est derriere se repose un peu pdt que l autre se prend le
vent de face. en revanche quand c est une mauvaise piste, c est surtout moi qui ait de la chance, car en tete je ne tiens plus sur le velo, donc c est pierre qui passe devant et moi je le suis a
20cm derriere, suivant chaque mouvement de sa roue au centimetre pres ... la pluie, c est rien finalement ! (et pourtant a grenoble yavait pas moyen que je parte au boulot sous la pluie !
finalement tout est relatif ...)
(quoi, j ai pas l air heureuse la ?)
parfois aussi on a l impression qu on se moque de nous : pourquoi la ca redescent alors qu on vient de se taper une mega cote raide ? et comme ca 10-20-30 fois de suite. avec les petits panneaux
jaunes a la fin on s est plus a quoi s attendre. ca va monter ou descendre ? faudrait savoir la, moi si c est comme ca j arrete de pedaler !
- les cyclo-touristes de la carretera, c est nous ! d apres le sondage effectue aupres de tous les cyclistes rencontres, nous sommes definitivement les plus lents ...
on prend le temps quoi ! on profite ! c est vrai qu on a jamais pedale apres 17h, preferant s arreter a un bivouac sympa,
profiter du paysage, et s impregner du lieu ... aussi on n hesite pas a s arreter dans les micros bleds pour faire un tite rando, aller visiter un lieu, etc
etc. bon une fois on a aussi retarder le depart d un jour a cause d une pluie diluvienne ! mais juste une fois !!
- l esprit de la patagonie, l hospitalite des gens, c est vrai qu on l a vraiment ressenti. la solitude aussi de certaines personnes, comme le vieux de la plantation de pins qui nous a offert sa
cabane et le repas du soir, et qui ne recoit les infos du monde qu a travers sa petite radio qui crachotte... il nous dit qu il comprend pas, qu il a entendu en chine et en inde ils sont trop
nombreux et crevent de faim, alors qu ici, sur 100km de carretera entre deux villages de 500 ames, ils sont, il compte sur ses doigts, moins de 10 a vivre. il cherche en nous une explication, que
nous sommes bien incapable de lui donner.
- la colonisation de la patagonie, c est aussi la deforestation a grande echelle. a certains endroits, ca fait vraiment mal au coeur de voir tous ces troncs calcines. apparemment une politique
favorisee en son temps par le gouvernement, et qui etait loin de savoir tout ce qui se passait dans ces contrees reculees.
(cimetiere du vieux murta, cimetiere aux arbres)
- patagonia sin represas ! un slogan que clame une poignee de locaux.
ils ne veulent pas de la construction de barrages gigantesques par de grandes entreprises comme endesa.
ils ne veulent pas non plus l inondation de leurs vallees.
(par exemple celle-ci, nous explique la dame de l hospedaje, est menacee. ils ont reussi a repousser le debut des travaux de 3 mois, mais entre une poignee de
paysans et les interets financiers de grandes firmes internationales, on peut deviner comment ca va finir. la dame nous raconte que leur dernier espoir est de faire inscrire leurs vallees au
patrimoine de l UNESCO)
malgre les explications avancees (ce serait pour le developpement du tourisme et de la region) l electicite produite servira a la production miniere du pays, aux habitants des grandes villes
comme santiago et aussi a l exportation. pas aux gens du coin donc. d autant que ces grandes firmes ont ´´achete`` les terrains et acces necessaires avec les bonnes vieilles pratiques bien
connues en amerique latine, en faisant signer des documents a des personnes qui ne savent pas lire par exemple ...
- pour etre tout a fait complet, il faudrait aussi ajouter une certaine frustration des locaux qui n arrivent pas a profiter du tourisme. c est vrai que nous on l a pas trop ressenti, etant
toujours bien accueilli, mais un cycliste belge nous a raconte que plusieurs fois on lui avait reclame de l argent alors qu il demandait juste a planter sa tente dans un coin. c est vrai qu il y a
un certain tourisme de luxe qui existe deja avec des gens qui arrivent en avion et font qq metres pour aller pecher et chasser et dormir dans une ``cabanas´´ de luxe (construite par bcp de
nords americains apparemment, et aussi par des gens de santiago, bref ceux qui ont de quoi investir). en meme temps nous on a toujours dormi chez l habitant, comme pratiquement tous les touristes
routards qui passent. a mon avis il faudra attendre le goudronnage de la carretera (prevu pour 2015 apparemment) pour drainer les touristes moyens, qui se situent entre le routard et celui qui
debarque en avion !
apres si c est bon ou mauvais, c est l eternel debat sur les impacts du tourisme sur la region et ses habitants ....
pour conclure, on a eu la chance immense de pedaler sur ce bout de route encore bien sauvage, avec des rencontres inoubliables, des paysages grandioses, une impression parfois deroutante de grande
solitude ... depechez vous d y aller !
au final le voyage a velo, c est dur, mais vale la pena comme ils disent ici, on va avoir du mal a s en passer pour nos futures vacances ! ca nous a permis de voyager autrement, de ressentir
les lieux, les rencontres, et la route bien sur ! differemment, bref un moyen certes plus lent, mais qui nous a beaucoup plu !
florentine.
PS concours photos : merci a ceux qui m en ont envoye,
j aimerai qd meme en avoir plus !
pour yannick et claire, l excuse n est pas valable, tattou elle fait des super photos de ciel, a grenoble ! en plus claire il me semble que tu as une belle vue sur le ciel depuis ton balcon ...
maintenant si tu veux combiner ciel + mega grimace, tu mets toutes les chances de ton cote !!
Ca fait réfléchir tt ça. Bon par contre, mm si je suis une adepte inconditionnelle du vélo à Grenoble je l'aime pas assez pour passer mes vacances dessus ! :)
Gros bisous à ts les 2.
¡ Claro que si ! la carretera austral à vélo c'est dur mais ça laisse le temps d'en profiter. Nous en mini-bus, on était toujours entassés les uns sur les autres avec des maux de fesses, comme vous, de la poussière partout, parfois la nausée et même pas la possibilité de prendre une photo. On aura vu que les quelques villages avec leur accueil calibré pour les touristes. Il y avait aussi les difficultés perpétuelles pour trouver les vrais infos avec toujours l'inquiétude se se retrouver coincé une semaine à un endroit pour avoir le bus suivant. Bref, ça reste un peu décevant. On en a discutté avec des Suisses et des Espagnols qui avaient eu le même ressenti.
Bonne continuation, et bon retour à la civilisation.
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